Martine fait un PSC #2 : bilan de l’existant

Dans la démarche de PSC, tout commence par un bilan de l’existant, un état des lieux. Où en est-on aujourd’hui ? Quelles sont des données récentes sur la situation ? Dans notre cas, il n’y avait pas d’établissement culturel préexistant. Par contre, l’établissement en devenir s’inscrivait dans la lignée et en complément d’un centre de recherche et de transfert de technologies, l’Arda. Je vous propose de revenir sur la genèse du projet.

Un centre de ressources technologiques

Créé en 1991, l’Arda est un centre technique, labellisé Centre de Ressources Technologique, à l’interface entre le monde de la recherche et plusieurs secteurs professionnels. Elle développe ou adapte des technologies au contexte réunionnais et les transfère aux acteurs économiques et institutionnels dans trois domaines : aquaculture, pêche et environnement (milieux aquatique continentaux). Elle opère à La Réunion et dans la zone Sud-Ouest Océan Indien. L’Arda a aménagé et exploite une ferme aquacole expérimentale, à Etang-Salé, sur un terrain agricole, propriété du Conseil Régional.

De plus en plus sollicitée par les écoles pour des visites des infrastructures aquacoles, l’Arda crée en 1997, un service d’action pédagogique : l’Ecole de l’eau. Des médiateurs scientifiques y accueillent tout au long de l’année des groupes scolaires pour des activités de découverte et d’éducation à l’environnement sur le thème de l’eau et des milieux aquatiques. Face une demande croissante, au début des années 2000, l’Arda propose de développer une structure qui permette d’accueillir un plus grand nombre de personnes : le Centre des eaux douces, qui sera ensuite renommé Terrdo.

Le projet initial

En 2002, l’Arda travaille avec Océanopolis et formalise un programme qui fixe la mission du futur établissement : l’éducation et la sensibilisations aux enjeux liés à l’eau et à la protection des milieux aquatiques pour  un développement durable. Ce programme inscrit le bichique, espèce emblématique de l’île, comme fil conducteur de la future exposition où le visiteur découvrira les écosystèmes aquatiques de La Réunion, les ressources en eau de l’île et les impacts des actions humaines sur celles-ci. Les scolaires sont le public cible principal dans la logique d’une Ecole de l’eau élargie. La Région Réunion, propriétaire du terrain, décide de développer le projet.

En 2004, une équipe de maitrise d’œuvre est sélectionnée sur concours pour concevoir et réaliser les bâtiments et la muséographie. Le projet architectural proposé par Olivier Brabant, un architecte de La Réunion, est retenu. Suggérant la forme d’une vouve, la nasse utilisée pour la pêche au bichique, les bâtiments sont posés sur les bassins. Alliant métal et bois, ils s’insèrent discrètement dans le paysage et créent un lien entre l’eau, la terre et le ciel. Le projet se veut le moins impactant possible. L’idée de développer un espace d’exposition, en ventilation naturelle, sans climatisation, s’impose petit à petit. C’est une démarche que l’architecte a développée pour un autre projet, l’amphithéâtre du Moufia à Saint-Denis.

Centre des eaux douces.Image Olivier Brabant Architecte (2004)

Centre des eaux douces. Crédit : Olivier Brabant Architecte (2004)

En 2007, la Région Réunion, décide de suspendre le projet (on est alors en phase PRO). Quatre ans plus tard, en 2011, elle le relance mais dans une perspective un peu différente : le bichique n’est plus le fil rouge de l’exposition et l’établissement doit être un véritable équipement culturel et touristique, et non pas une Ecole de l’eau élargie. Le Centre des Eaux Douces deviendrait alors le cinquième établissement culturel du Conseil Régional après Kelonia, Stella Matutina, la Cité du Volcan et le Madoi.

C’est parti

C’est à ce moment là que je suis contactée pour travailler sur le projet. J’interviens d’abord comme consultante pour réaliser un benchmark des expositions et musées sur l’eau (en collaboration avec Matteo Merzagora du groupe Traces). Je suis ensuite recrutée comme chef de projet. En octobre 2011, je fais mes valises, je change d’hémisphère et je débarque à La Réunion. La plage et les cocotiers ? Je les ai vu de loin. Au départ l’ambiance était plutôt journée de 12h et pas de vacances pendant un an. Il y avait tant à faire, comme écrire ce fameux PSC !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>